Lucas Bergandi : « 50 000. C’est à peu près le nombre de chutes que j’ai fait en 25 ans de fil. C’est énorme. En tout cas, ça parait énorme. Mais finalement pas tant que ça. On peut dire qu’en moyenne je suis à 98% de réussite sur le fil. Donc seulement 2% de chute. Mais ça va vite. Un fil fait environ 7m. A raison de 10 pas par traversée (j’en enlève un peu pour compenser les fois ou le fil est plus court). Avec une moyenne de 50 traversées par jour. 200 jours par an. Pendant 25 ans. Ça me donne un total de 2 500 000 pas sur le fil depuis que j’ai commencé. Alors 50 000… »
Le projet
Lucas Bergandi : « C’est à 16 ans que j’ai appris à apprendre. Je me souviens de mon année de CP. Les joies de l’apprentissage et des évaluations. C’est cette année où j’ai commencé à rater. Au début, ce n’était pas bien méchant. Une règle incomprise par-ci par-là, de l’inattention et un besoin débordant de ne pas rester assis. Puis de fil en aiguille s’est installé un retard, impossible à rattraper car il n’y avait ni le temps ni les moyens. Ce qu’on appelle un échec scolaire. Heureusement qu’à ce moment-là j’avais déjà décidé de devenir clown. Un bon objectif qui m’a permis de tenir bon jusqu’à la fin de mon cursus scolaire classique à 16 ans, l’année où je suis rentré en école de cirque (ENACR). Déjà 8 ans que je suis fil-de-fériste quand je commence ma formation de circassien. Huit années à attendre la sonnerie de fin de journée pour enfin aller là où je peux rater avec plaisir. Tomber remonter, retomber, remonter. Se confronter à soi-même. Avoir le temps. Prendre le temps. C’est donc bien à 16 ans que j’ai appris à apprendre et c’est après 25 années de fil que j’ai compris à quel point cet agrès a été important dans ce processus. Dans ce spectacle qui s’oriente principalement pour des adolescent·es, période charnière du développement, j’aimerais remettre en perspective la nécessité de l’échec dans l’apprentissage. »
Un spectacle pour établissements scolaires et lieux non dédiés
Clément Dazin : « Depuis 2021 je tourne le spectacle Trajectoires, éloge de l’échec à travers le jonglage, dans des classes de quatrième et de troisième dans toute la France. En 2023, je crée ANGST avec Lucas Bergandi, fil-de-fériste virtuose qui défie les lois de la gravité. Ensemble nous questionnons la peur dans cette performance où nous dévoilons des parts intimes de nos vies. Pendant la tournée de ce spectacle, nous avons le grand plaisir de nous retrouver pour proposer des actions culturelles autour de la thématique de ce spectacle et de nos agrès. Lucas et moi partageons la joie de transmettre nos pratiques à des personnes non initiées. Nous jouons d’ailleurs quelques fois le spectacle dans des gymnases de collèges, sans technique. Les réactions sont directes et incroyablement fortes . Au cours d’une discussion après un atelier, Lucas découvre le spectacle Trajectoires. Ses yeux s’illuminent : il veut s’inspirer du concept et créer « son propre Trajectoires ». Il m’explique qu’il est « né pour rater », que durant toute sa jeunesse, il n’a cessé d’échouer, de sa naissance prématurée à sa décision de quitter le milieu scolaire à l’âge de seize ans pour faire du cirque. Ensemble, nous avons le désir repartir en création pour coécrire un solo avec et par Lucas Bergandi en milieu scolaire, conçu pour les gymnases où il y aura de la place pour l’humour, la fragilité, le danger, la peur et la notion d’échec. »
UN PROJET PORTÉ PAR
LUCAS BERGANDI ET CLÉMENT DAZIN
Conception, texte et jeu Lucas Bergandi Mise en scène Clément Dazin Regard extérieur et dramaturgie Mélanie Charvy
Production La Main de l’Homme Accueil en résidence et coproduction Plateforme 2 Pôles Cirques en Normandie | La Brèche à Cherbourg – Le Cirque-Théâtre d’Elbeuf
La Main de l’Homme est conventionnée par le Ministère de la Culture – DRAC Grand Est. Elle reçoit le soutien régulier du Ministère de la Culture – DGCA.
Contact diffusion : La Magnanerie – www.magnanerie-spectacle.com
margot@magnanerie-spectacle.com / +33 (0) 1 43 36 37 12


